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Avec accusé de déception
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21 mai 2017

Intermède communeux

JulesVallèsCourbetCarnavalet

 

Jules Vallès par Gustave Courbet

Nous sommes dimanche 21 mai 2017. Alors fêtons les hasards du calendrier !

Car c’est un dimanche 21 mai que commence la Semaine sanglante, laquelle marque la fin de la Commune de Paris, expérience qui à son tour imprimera sa marque aux luttes du XXe et au-délà…

Vous êtes  sur BFMCommune…

Versailles la monarchiste est en guerre contre Paris, la communaliste, depuis début avril.

Paris a, entre-temps, décrété :

  • l’égalité des salaires homme-femme
  • aboli la peine de mort
  • décrété l’école gratuite et universelle…

Bref, des réformettes…

 Nous sommes donc le dimanche 21 mai

 L’espion versaillais Ducatel s’aperçoit vers 13 heures que les bastions 65 et 66 (au Point-du-Jour) sont déserts. Il prend alors l’omnibus pour Saint-Denis avant de se raviser et de traverser la place de la Concorde. Il retourne au bastion 65. Et là, il voit un officier de marine émergé des tranchées qui frôlent le glacis dudit bastion. Tandis qu’on chante aux Tuileries pour les orphelins des fédérés, le 37e de marche pénètre la capitale par le pont-levis de la porte de Saint-Cloud.

Le procès de Cluseret, dernier chef militaire de la Commune accusé de désertion, se déroule à l’Hôtel de Ville. Un silence de mort plane bientôt sur l’assemblée à l’annonce de l’arrivée des « pantalons rouges ». En apparence serein, Vallès demande si le Comité de salut public a une autre communication à faire.

« Accusé, vous avez la parole pour vous défendre ! » lance-t-il à Cluseret.

« Acquitté ! »

La séance est levée.

C’est la dernière fois que la Commune se réunit !

Vallès rédige déjà sur coin de table un article pour le lendemain…

À 18 heures, le général Douay passe le Point-du-Jour. Il envoie alors la division Vergé sur les hauteurs du Trocadéro.

Le patriote polonais Dombrowski demande des renforts, en vain. Personne ne sonne le tocsin. Les théâtres sont pleins, la nuit s’annonce tiède, les étoiles semblent veiller sur Paris et pourtant les loups y sont entrés…

Bientôt, dernier chef spirituel de la Commune, le vieux jacobin Charles Delescluze lancera son appel : «Au peuple de Paris, à la Garde nationale

» Citoyens,

» Assez de militarisme, plus d’états-majors galonnés et dorés sur toutes les coutures !

» Place au peuple, aux combattants, aux bras nus ! L’heure de la guerre révolutionnaire a sonné.

» Le peuple ne connaît rien aux manœuvres savantes, mais quand il a un fusil à la main, du pavé sous les pieds, il ne craint pas tous les stratégistes [sic !] de l’école monarchiste […].

» Citoyens, vos mandataires combattront et mourront avec vous, s’il le faut. Mais au nom de cette glorieuse France, mère de toutes les révolutions populaires, foyer permanent des idées de justice et de solidarité qui doivent être et seront les lois du monde, marchez à l’ennemi, et que votre énergie révolutionnaire lui montre qu’on peut vendre Paris, mais qu’on ne peut ni le livrer ni le vaincre !

» La Commune compte sur vous, comptez sur la Commune !

» Le délégué à la Guerre, Ch. Delescluze

» Le Comité de salut public, Ant. Arnaud, Billioray, E. Eudes, F. Cambon, G. Ranvier.»

C'était BFMCommune en direct du Point-du-Jour... ou presque !

L'équipe vous conseille de regarder ce film fidèle à l'esprit de la Commune tout en prenant avec talent des libertés créatives !

 

 

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