On dirait que l’homme est destiné à s’exterminer lui-même après avoir rendu le globe inhabitable

Jean-Baptiste de Lamarck (1744-1829)

 

Ce n’est pas pour faire mon malin, mais, enfant, j’aimais Tarzan, Akim-Color, Zembla parce qu’ils parlaient et commandaient aux animaux, notamment aux mammifères. À la télé, je regardais « les Animaux du monde », « Caméra au poing », « la Vie des bêtes »…

J’étais presque incollable sur les grands mammifères. Je savais comment distinguer, grâce à la morphologie des lèvres et des cornes, un rhinocéros noir d’un blanc.

Mais je ne pensais pas connaître de mon vivant la disparition du dernier rhino blanc du Nord, Sudan. Après sa mort, le 19 mars dernier, il ne reste plus que deux femelles : sa fille et sa petite-fille. Après tout, à quoi ça sert, cette sous-espèce de pachyderme ? C’est moins utile que des algorithmes !

Copyright : Ami Vitale (voir ci-dessous)Triste au-revoir à Susan (copyright Ami Vitale voir le lien ci-dessous)

 

 

Goodbye Sudan, the World's Last Male Northern White Rhino

This week, I made a heartbreaking journey back to Kenya to say goodbye to Sudan, the world's LAST male northern white rhino alive on the planet. Today, I am launching a print sale with a choice of two images, one of the final moments of Sudan and an image of Fatu, Sudan's granddaughter and one of the last two surviving female northern white rhino on the savannah.

En seize ans, à Bornéo, 150 000 orangs-outans ont disparu, victimes de la déforestation et de la chasse (Merci Nutella et les autres !). Sur deux décennies, la population de gorilles des plaines a diminué de 80%. C’est aussi le taux de disparition des lions en Afrique en un demi-siècle. Il ne resterait plus que 23 000 « rois des animaux » à l’état sauvage. C’est toutefois un peu plus que le guépard, dont il n’existerait plus que 7000 spécimens en liberté.

En une petite décennie, un tiers des éléphants ont été exterminés. En 2040, ils ne devraient plus empoisonner la vie des villageois africains… Car bien plus que le braconnage ou la chasse, c’est l’aménagement du territoire au profit de l’homme qui signe la disparition de celui que l’on appelle le jardinier de la savane et de la forêt.

Bref, Homo economicus ne sait pas partager la planète…

Sans compter qu’après la drogue et les armes, la contrebande d’animaux sauvages est le troisième trafic le plus lucratif au monde !

 

Selon les 550 experts de l’IPBES, le « Giec de la biodiversité », le déclin de celle-ci condamne l’humanité à moyen terme. Procédant continent par continent, il dresse un tableau noir :

Afrique : un demi-million de terres dégradées du fait de la déforestation et de l’agriculture non durable. Avec 50% de la population animale qui aura disparu à l’horizon 2100 en raison du changement climatique.

Amérique latine : ne citons que l’Amazonie… dont 17% de la forêt a été transformée par Homo capitalisticus. Bientôt il n’y aura plus que de la savane ! Or cette forêt cultivée par les Amérindiens depuis des temps immémoriaux, donc qui n’a jamais été vraiment vierge, est un régulateur du climat mondial et un garage à CO2.

Amérique du Nord : 31% des espèces originelles vont rejoindre les cimetières amérindiens…

Europe : disparition de 42% des espèces d’animaux et de plantes terrestres, de 71% des poissons, 60% des amphibiens. Moins d’insectes, moins d’oiseaux, moins d’abeilles, moins de pollinisation… Et plus de cancers pour les agriculteurs !

Asie-Pacifique : 0 = les stocks de poissons d’ici 2048. 90% des coraux seront endommagés deux ans plus tard. Dans cette zone désormais la plus industrialisée du monde, 80% des rivières sont polluées par le plastique.

Quant aux océans en général, entre PCB, mammifères devenus hermaphrodites, dislocation des sous-marins soviétiques nucléaires dans les mers arctiques, ils regorgent déjà de bien plus de plastoc que de fish qui n’attendent que leurs chips transgéniques.

Le 14 novembre dernier, à la « une » du « Monde », nos élites avisées pouvaient lire : « Le cri d’alarme de 15000 scientifiques pour sauver la planète : “Il sera bientôt trop tard…” » clic clic sur ce lien

Quelques réactions ?

« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs », disait Jacques Chirac qui redoutait « un crime de l’humanité contre la vie ».

Quelques décisions ?

L’homme a la faculté de ne pas croire ce qu’il sait !

« Après trois années de stagnation, les émissions mondiales de CO2 sont reparties à la hausse en 2017, portées notamment par la Chine.» Laquelle subira tôt ou tard un krach écologique…

Le baiji, le dauphin de Chine, nous a quittés il y a dix ans, sur la pointe de la nageoire dorsale pour cause de pollution et de surnavigation fluviale.

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crédit : ABG

Quelque 75% des populations primates non humaines sont en danger d’extinction. Et deux tiers d’entre elles vivent dans quatre pays : le Brésil, l’Indonésie, Madagascar et la République « démocratique » du Congo… Quatre contrées « sauvages » où, entre guerre civile, déforestation, soja transgénique et décomposition économique, la nature compte pour des prunes. « C’est la onzième heure pour beaucoup de ces créatures », a écrit l’anthropologue Paul Garber, de l’université d’Illinois.

L’unique moyen de préserver la biodiversité est de la transformer en devises. Dans l’est de la République démocratique du Congo (RDC), le parc des Virunga, où ont trouvé refuge les derniers gorilles de montagne, paie même ainsi un lourd tribut : le lundi 9 avril, six de ses gardes ont été tués dans une embuscade tendue par des miliciens maï-maï !

Six Virunga park rangers killed in DRC wildlife sanctuary

Five rangers and a driver have been killed in an ambush in Virunga national park in Democratic Republic of the Congo (DRC). A sixth ranger was injured in the attack on Monday that took place in the central section of the vast reserve, known globally for its population of rare mountain gorillas.

https://www.theguardian.com

 

« En vingt-cinq ans, la population mondiale a augmenté de 35% » et celle des bovins, destinés en un Treblinka éternel à nourrir les humains les moins miséreux, de 20,5%.

Depuis le Sommet de Rio, en 1992, d’ailleurs. Qui n’a pas servi à grand-chose, évidemment.

Mieux, nous savons désormais que cette première conférence internationale consacrée à l’environnement a été court-circuitée par « l’appel de Heidelberg » (contre cette « idéologie irrationnelle qui s’oppose au développement scientifique et industriel »), téléguidé par le lobby de l’amiante.

Laquelle vient tout juste d’être interdite au Brésil, un des grands producteurs mondiaux de cet ami du cancer. (J’espère que la cellule du président Lula n’en contient pas…)

« Pour éviter une misère généralisée et une perte catastrophique de biodiversité, écrit “le Monde”, les scientifiques appellent l’humanité à changer radicalement de mode de vie. »

Ligotés par un capitalisme porteur de pulsion de mort (comme l’ont écrit notamment Freud et Keynes – je convoite, je possède, je détruis… –), nous en sommes bien incapables au fond…

Et puisque l’heure est aux commémorations de Mai 68, avouons que nous avons tous en nous quelque chose d’Alain Geismar…

13-mai-1968---manifestation-unitaire

De gauche à droite : Alain Geismar, Jacques Sauvageot et Daniel Cohn-Bendit source ici

 

Figure médiatisée de Mai, avec Jacques Sauvageot et bien sûr Daniel Cohn-Bendit, l’ancien secrétaire général du SNE-Sup Alain Geismar en a un peu… marre de la révolution en ce mois de juin 1968 notamment après la « renverse » gaulliste. Mystérieusement, l’essence est réapparue. Voici le week-end de la Pentecôte. Au volant de son cabriolet Fiat, Lailain s’arrête à Sancy, près de Provins, pour faire le plein. Le pompiste lui répond qu’il ne peut lui vendre que dix litres, rationnement oblige. Courroux de l’universitaire. « Mais je suis Alain Geismar ! – Tiens, tiens, eh bien, raison de plus ! » lui répond le préposé. Son patron, Maurice, est lui aussi bientôt courroucé en voyant le gauchiste s’arrêter quelques centaines de mètres plus loin à la station concurrente. Il rattrape le barricadier pour l’agonir d’injures. Geismar s’enfuit avant d’être cerné dans une autre station-service, à Esternay. Dans « les Grandes Énigmes de Mai 1968 », Pierre-André Weber écrit : « Geismar, pris au piège de la capitalisation, du privilège et de l’aliénation consommatrice pour son propre compte, refuse de développer, pour ses auditeurs, sa conception d’une société idéale sans capitalisation, sans privilège et sans aliénation. Alors, désespéré par le mépris du mandarin consommateur, Maurice s’empare d’une barre de fer et entreprend, comme un honnête contestataire, de casser méthodiquement, les unes après les autres, les vitres du cabriolet, sans oublier le pare-brise. Du travail très propre. On se croirait rue Gay-Lussac… » Et de signaler à la maréchaussée une décapotable cabossée dangereuse pour son conducteur et les autres véhicules. (En passant, on notera que le week-end de la Pentecôte 68 a fait… 68 morts sur les routes !)

Le journaliste Gilbert Comte écrit en ce mois de reflux de la révolution : « L’insurrection se termine au week-end… »

Bientôt, Claude Nougaro chantera :

“Le casque des pavés ne bouge plus d’un cil

La Seine de nouveau ruisselle d’eau bénite

Le vent a dispersé les cendres de Bendit

Et chacun est rentré chez son automobile…”

 

Bonus musical et autre :

 

 

Sauvez les guépards du Mara

Cheetah For Ever est une association française qui finance un programme kenyan original de protection des femelles guépards et de leurs petits au Kenya

https://www.cheetahforever.org

 

Alain Geismar : L intensité de Mai-68 nous a donné l espoir de changements radicaux plus tard

En ouverture de la semaine spéciale On a tous en nous quelque chose de 68 sur France Inter, l ancien leader de mai 68 et dirigeant de la Gauche Prolétarienne, Alain Geismar, est l invité du Grand Entretien. Il répond aux questions d Ali Baddou, de Léa Salamé et des auditeurs de France Inter.

https://www.franceinter.fr

 

 

C'est quoi le problème avec l'huile de palme ?

S'attaquer à l'huile de palme, c'est risquer de s'attirer les foudres d'une foule de gourmands. Mais savez-vous vraiment pourquoi elle fait tant polémique ? Comment faire pour ravir vos papilles sans provoquer un drame social et environnemental ? France Nature Environnement a mis la main à la pâte pour vous éclairer sur la question et vous livrer ses (savoureuses) solutions.

https://www.fne.asso.fr